Actus Pro

La J4PAC dans la presse


La J4PAC dans la presse : merci à ThermPresse


ThermPresse / lundi 19 février 2018 / N° 944

PAC : horizon prometteur, mais encore bien des efforts pour y parvenir

Afin de positionner - tout particulièrement vis-à-vis des décideurs politiques, en vue de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie - la PAC en tant que système de captation, réinjection et donc valorisation de calories perdues ou gaspillées, l’Association française pour les PAC (AFPAC) met en place un partenariat avec l’Institut national de l’économie circulaire, une association qui, parmi ses membres d’honneur, ne compte pas moins de quatre anciens ministres de l’environnement.

Lors de la quatrième Journée de la PAC, la semaine dernière, le député François-Michel Lambert, président-fondateur de cet institut, a indiqué que ce partenariat pourrait concerner, en particulier, les domaines de la fiscalité, de la réglementation, de la communication et de la formation.

Lors de cette Journée de la PAC, Thierry Nille, président de l’AFPAC, s’est dit certain que, alors que, en maison individuelle neuve, les prix des PAC fournies aux CMistes sont aujourd’hui «très bas», une baisse finirait également par intervenir sur le marché de la rénovation, un marché «plutôt stagnant» en 2017, mais où les PAC hybrides (c’est-à-dire intégrant une chaudière) pourraient s’imposer, à terme, comme produit de substitution», selon Thierry Nille.

Pour sa part, Ludovic Thiébaux (GRDF) a signalé que des PAC hybrides adaptées au confort d’été étaient en train d’arriver. Il a noté également que les chauffe-eau thermodynamiques (CET) devenaient «hybrides» eux aussi.

Par ailleurs, Thierry Nille a souhaité, pour le marché de la PAC, une croissance «régulière, modérée et maîtrisée» dans les années qui viennent. < La filière de la PAC a besoin de visibilité, notamment au niveau des aides publiques >, a-t-il ajouté. Il a indiqué d’autre part que, en maison individuelle neuve, la PAC double service détenait désormais plus de la moitié du marché, contre «un peu moins de 30%» pour le CET. Il a signalé par ailleurs que, en faveur de la PAC, il y avait aujourd’hui «d’énormes investissements» de R&D en Europe - une véritable «mobilisation» des fabricants, a-t-il dit.

A propos du marché des PAC géothermiques, il a estimé qu’il y avait «une tendance à la stabilisation» du marché, qui, d’après lui, est arrivé désormais «au bout de la décroissance». < Il s’agit maintenant de mettre en place énormément de mesures pour le relancer >, a-t-il déclaré.

Pour sa part, Jean-Jacques Graff (Association française des professionnels de la géothermie) a souhaité une aide publique spécifique en faveur des PAC géothermiques individuelles, aussi bien en neuf qu’en rénovation, et ce sur le modèle de ce qui a été mis en place dernièrement en Allemagne, où le marché a pu ainsi se redresser. Et même progresser de 21% l’an passé.

Au sujet des boucles d’eau tempérée, Jean-Jacques Graff a estimé que cette technologie allait «émerger» et que des mesures réglementaires et fiscales devaient être prises en sa faveur.

De son côté, Alexandre Dozières (DGEC) a annoncé qu’était envisagée la mise en place d’un animateur géothermique par «grande région», au sein de l’Ademe, alors qu’il n’y a présentement que trois animateurs régionaux de la géothermie en France.

Soulignant que la PAC est «un des principaux moteurs, et le plus dynamique», pour atteindre les objectifs de la France en matière d’EnR à l’horizon 2030, Alexandre Dozières a estimé, évoquant la future «prime CITE», qu’il n’était «peut-être pas utile de subventionner la PAC air/air», mais que, pour les autres PAC, et tout particulièrement pour les PAC géothermiques, des taux d’aide publique plus favorables que, par exemple, pour certains travaux d’isolation, pourraient être envisagés. En complément du CITE, les PAC pourraient, en outre, bénéficier d’un Eco-PTZ «simplifié», a-t-il ajouté. Il a dit aussi que, d’une façon générale, l’Etat envisageait de «rééquilibrer» ses aides au bénéfice des EnR et au détriment des actions de simple efficacité énergétique.

De son côté, Nicolas Doré (Ademe) a déclaré lors de cette Journée de la PAC que la PAC devait cesser d’être un produit «haut de gamme» et évoluer vers un «déploiement massif sous toutes ses formes», et ce tout spécialement en ce qui concerne les PAC air/eau.

D’ici à 2050, ces PAC air/eau - qui seront toutes réversibles à terme, selon lui - s’imposeront sur le marché du résidentiel. En résidentiel, a poursuivi Nicolas Doré, la part des PAC dans la chaleur renouvelable devrait passer de 34% en 2035 à 47% en 2050, tandis que, en tertiaire, elle pourrait s’établir à 41% en 2035 et à 49% en 2050, et ce pour la seule application de production de chaleur renouvelable.

Pour sa part, Eric Bataille (groupe Atlantic) a présenté un indicateur d’impact des émissions de CO2 des générateurs de chauffage en phase d’exploitation, l’indicateur TEWI, qui fait apparaître que l’émission carbone d’une PAC air/eau à basse température au R410A s’élève à 65 grammes de CO2/kWh (dont seulement 7,4 g pour les fuites de fluides frigorigènes), contre 256 g pour une chaudière gaz à condensation et 339,5 g pour une chaudière fioul à condensation.

 

«Améliorer l’intégration de la PAC en habitat collectif»

De son côté, Odile Cauret (EDF R&D) a annoncé qu’était en cours de validation une méthode de mesure des performances réelles, en continu et in-situ, adaptée à tous les types de PAC (et notamment aux PAC air/air) et développée dans le cadre de thèses de doctorat associant EDF R&D et Mines ParisTech. Cette méthode doit permettre, à terme, un diagnostic «embarqué» à l’intérieur de la PAC. Une nouvelle thèse de doctorat, associant les deux mêmes partenaires, va se consacrer à présent, notamment, à la prédiction des performances, en s’appuyant sur la technologie des réseaux de neurones.

Autre intervenant de la Journée de la PAC, Roland Bouquet (Synasav) a annoncé que le groupe de travail maintenance de l’AFPAC allait prochainement publier un contrat d’entretien type, ainsi qu’une «check list» destinée aux techniciens d’entretien. Ce groupe de travail va rechercher, à présent, la meilleure façon de décider le consommateur à signer un contrat d’entretien de sa PAC. Il va aussi se pencher sur les compétences que doit posséder un bon technicien d’entretien de PAC.

Pour sa part, Chantal Degand (EDF) a déclaré que, pour les particuliers clients d’EDF, l’un des freins majeurs à l’achat d’une PAC était le bruit de l’appareil. Notamment en collectif, a-t-elle ajouté, «quelques petits aménagements» sont nécessaires en la matière, ainsi qu’en ce qui concerne l’intégration architecturale. <Améliorer l’intégration des PAC en habitat collectif est un enjeu assez fondamental >, a-t-elle souligné.

De son côté, Christel Mollé (Mitsubishi Electric) a estimé que la PAC au CO2 pourrait se développer en collectif dans les années qui viennent.

Pour sa part, Valérie Laplagne (Uniclima) a dit que, dans l’expérimentation E+C-, il y avait un risque que, commercialement, le photovoltaïque ne vienne faire de l’ombre à la PAC.
Par ailleurs, elle a qualifié de «réelle erreur» une éventuelle taxe anti-HFC.

De son côté, Thomas Nowak (Association européenne de la PAC) a jugé qu’il ne fallait pas viser trop haut en matière de COP saisonnier des PAC et qu’il fallait privilégier durablement un SCOP de 3, afin de ne pas alourdir le prix des machines. < Si le marché européen des PAC doublait de taille, le prix des PAC baisserait de 20% >, a-t-il pronostiqué.

Pour sa part, Oliver Jung, de la même association européenne, a indiqué que, dans le cadre de «l’initiative DecarbHeat», lancée l’an passé pour promouvoir une Europe du chauffage et du refroidissement «à 100%» décarbonisé en 2050, des groupes de travail - notamment sur la formation - venaient d’être créés.